Migrants d’échenoz-la-Méline : démêler le vrai du faux

Publié le par mairie d'Echenoz-la-Méline

Les migrants arrivés de Calais, sans statut, ne touchent aucune allocation

Les migrants arrivés de Calais, sans statut, ne touchent aucune allocation

Nombreux sont ceux qui sont persuadés que ces migrants vont bénéficier d’allocations. Ce qui donne lieu à de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux ou parmi la population.

À la préfecture, Luc Chouchkaieff, secrétaire général et coordinateur départemental pour les réfugiés, explique que dans un premier temps, « il va falloir clarifier leur situation ». À savoir, vérifier que ces personnes n’ont pas demandé l’asile dans un des pays de l’Union européenne. Dans l’immense majorité, ils ne l’ont pas fait en France et veulent aller au Royaume-Uni.

L’accueil de ces migrants à Échenoz-la-Méline _et peut-être à Navenne la semaine prochaine_ n’est pas quelque chose qui doit durer dans le temps. L’objectif étant qu’ils soient ensuite orientés vers des dispositifs comme le CADA (Centre d’accueil de demandeurs d’asile) ou HUDA (Hébergement d’urgence pour demandeurs d’asile).

Le secrétaire général de la préfecture différencie trois types de populations : seules les personnes fuyant la guerre ou la torture peuvent demander le droit d’asile (en sont exclus, les réfugiés économiques). C’est l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) qui statue sur le droit d’asile (*). S’ils sont déboutés, ils sont reconduits à la frontière.

Lorsque leur demande aboutit, ils deviennent « réfugiés ». À ce titre, ils sont accessibles au RSA et à l’APL et ont « vocation à s’insérer rapidement dans la société française ».

La troisième population : celle qui arrive de Calais n’a « aucun statut ». Ce sont des migrants en transit qui ne veulent pas rester en France. Ils sont là pour passer l’hiver à l’abri du froid.

« C’est une obligation de l’État, de protéger leur vie et leur dignité », souligne le représentant de l’État. « Ils n’ont aucun droit et ne sont donc accessibles à aucune allocation. Les rumeurs selon lesquelles ils toucheraient 750 € par mois, le RSA ou des APL, c’est totalement faux ! »

Pour cette « mesure d’État », l’ensemble des coûts seront supportés par l’État (le logement et les frais d’accompagnement par les associations). Les collectivités locales n’auront rien à débourser.

Le poste nourriture, quant à lui, sera assuré de manière caritative avec la participation de la Banque alimentaire.

Autre idée reçue : celle que ces migrants prendraient la place de SDF locaux. « Là aussi, c’est faux », rétorque Luc Chouchkaieff. « De nouvelles places ont été créées pour ces migrants. On ne prend pas celles réservées aux personnes en situation de précarité en Haute-Saône ».

(*)En Haute-Saône, 92 % des demandes d’asile sont déboutées. Seules 8 % accèdent au statut de réfugiés. Sur une année complète, cela représente environ 200 demandes.

Catherine HENRY est républicain 07/11/2015

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