Alex H propose une immersion photographique en couleurs dans la Haute-Saône des années 20
Alex H propose également au public des versions en affiche ou poster de chacune de ses 76 photos, représentant 16 communes différentes. Photo Élia Chanet
Accrochées aux murs, des dizaines de photos, en couleur, qui semblent avoir été prises hier : une ruelle à Navenne, des vaches broutant dans un champ, l’extérieur du château d’Épenoux… Pourtant, toutes datent de près d’un siècle. Elles ont été colorisées, a posteriori, par Alexandre Hernandez – Alex H de son nom d’artiste.
« La plupart sont des années 1900 à 1920. Parfois jusqu’à 1930, on le voit aux voitures », note le photographe originaire de Quincey. Son exposition insolite est accueillie par la mairie d’Échenoz-la-Méline durant tout novembre.
Il y a plusieurs mois, dans la foulée de ses deux semaines d'exposition à la chapelle de la mairie de Vesoul qui avaient attiré plus de 1 200 personnes, il a décidé d’axer son prochain projet sur les photos d’anciennes cartes postales haut-saônoises. En puisant dans ses propres documents, dans les archives municipales et sur Internet, il a ainsi récupéré plus de 70 photos monochromes prises dans 16 communes du département.
Un travail en binôme avec l’intelligence artificielle
Alex H a entrepris de redonner des couleurs à ces clichés d’un autre temps. Il a eu recours à un logiciel d’intelligence artificielle (IA) générative qui a attribué aux images les couleurs calculées comme étant les plus probables. L’agrandissement des photographies par IA a parfois occasionné quelques petites déformations discrètes sur des détails visuels (ou « hallucinations »). Le résultat final n’est donc pas le reflet d’une réalité historique exacte, mais une représentation, se voulant la plus fiable possible. « Ce que je propose, c’est avant tout le voyage », sourit le Quincéen. « Aujourd’hui, l’IA est très décriée, à juste titre, pour certaines choses ; mais il y en a d’autres pour lesquelles c’est très bien aussi : la preuve ici », souligne-t-il. À son compte depuis cinq ans, le professionnel de 46 ans utilise régulièrement cette technologie en support, pour enrichir son travail.
Mots-clés de cette exposition : l’immersion, car les couleurs permettent de réduire la distance avec l’objet photographié ; et la disruption, née du contraste entre la familiarité des paysages et les détails qui révèlent leur grand âge. « Un énorme travail de documentation a été fait au début du XX e siècle… C’est un moyen de leur rendre hommage », commente l’artiste. « Je voulais aussi proposer une échappée au monde d’aujourd’hui, qui est quand même anxiogène, je trouve. »
Son exposition sera accessible jusqu’au 30 novembre, aux horaires d’ouverture de la mairie.
Est Républicain 01/11/26
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