Chiroptères: une chute des effectifs qui se prolonge

Publié le par mairie d'Echenoz-la-Méline

À gauche, Catherine Dionisio est la conservatrice du réseau RNR Cavités à chiroptères.

À gauche, Catherine Dionisio est la conservatrice du réseau RNR Cavités à chiroptères.

Malgré une connaissance tou­jours plus fine des sites d'hiber­nation, le constat est sans ap­pel : la population de Miniop­tères de Schreibers continue de fondre en Franche-Comté. C'est ce que révèle le bilan hivernal de la Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l' Environnement, du Sous-sol et des Chiroptères (CPEPESC), association gestionnaire de la réserve naturelle régionale des cavités à chiroptères, dont dé­pend la grotte de la Baume à Échenoz-la-Méline. 
Une mobilisation scientifique d'envergure. En janvier dernier, une vaste opération de comp­tage simultané a mobilisé 37 participants à travers le Doubs, le Jura et la Haute-Saône. Au to­tal, 58 cavités ont été prospec­tées par les naturalistes et bé­névoles. Si l'effort de terrain est soutenu, les chiffres, eux, sont en berne. Seuls 2.210 individus ont été recensés cette année, contre 2.617 en 2025 et 3.526 en 2024. Une érosion constante qui préoccupe les spécialistes. Disparités et dispersion. La Haute-Saône reste le bastion de l'espèce avec 1.524 individus, loin devant le Doubs (595) et le Jura (91). 
Si le nombre de sites occupés augmente, cela suggère une dispersion accrue des colonies plutôt qu'une recolonisation. À l'échelle du quart nord-est de la France, les effectifs (9.768. individus) semblent stables sur cinq ans, mais cette moyenne masque la déprise marquée au niveau régional. 
Des causes multiples à l'étude. Pour les scientifiques, l'inter­prétation des tendances est rendue complexe par les hi­vers plus doux, qui favorisept des déplacements hivernaux atypiques. Mais le climat n'ex­plique pas tout. « Les causes de ce déclin sont multiples : évo­lution des ressources alimen­taires, modification des habitats de chasse ou impacts clima­tiques », soulignent les experts. Ce bilan rappelle l'urgence de protéger les sanctuaires comme la réserve d'Échenoz-la-Méline. Le respect strict de la réglemen­tation y est vital pour offrir aux chauves-souris le calme néces­saire à leur survie. 

La Presse de Vesoul 30/04/26

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