Jury du FICA : « Cette expérience a profondément modifié ma vision du cinéma »

Publié le par mairie d'Echenoz-la-Méline

Selma, Joakim, Valentine et Minel ont chacun vu leur regard évoluer, à travers l'expé­rience du FICA et les documentaires visionnés.

Selma, Joakim, Valentine et Minel ont chacun vu leur regard évoluer, à travers l'expé­rience du FICA et les documentaires visionnés.

On dit souvent que le cinéma offre un regard sur le monde. Selma, Valentine, Joakim et Minel, élèves du lycée des Ha­berges, en ont fait l'expérience à leur retour du Festival Inter­national des Cinémas d'Asie (FI­CA), où ils ont participé en tant que membres du jury jeune. Composé de soixante-dix élèves issus de toute la Haute-Saône - à ne pas confondre avec le jury ly­céen, constitué d'une quinzaine d'élèves du lycée Belin - ce jury a accueilli ces quatre jeunes avec des parcours différents, souvent liés au club cinéma et à l'impli­cation des enseignants du CDI, notamment Mme Cornument. Selma Akalaï raconte : « Je fré­quentais beaucoup le club ciné­ma et l'on m'a proposé de par­ticiper au jury jeune du FICA. » Valentine Collardey a suivi un chemin similaire : « Cela s'est fait grâce aux documentalistes. » Pour Joakim, l'expérience n'était pas une découverte, puisqu'il avait déjà été membre du jury l'année précédente. Cette an­née, il en assurait même la pré­sidence, fréquentant lui aussi régulièrement Je· club cinéma. À l'inverse, Minel Daguoglu vi­vait une première immersion : « Je ne suis pas particulièrement cinéphile à la base. Cependant, j'entendais parler du FICA de­puis le collège. Un enseignant m'a proposé de participer et j'ai saisi cette opportunité.» Neuf documentaires étaient en com­pétition, avec deux ou parfois trois projections par soir. Une cadence soutenue, comme le souligne Valentine : « C'était une semaine intense, avec les projections en soirée après les cours, et parfois des devoirs à faire pour le lendemain. Mais heureusement, la charge de tra­vail scolaire était assez légère cette semaine-là. » 
Faute de temps, les jeunes de­vaient parfois quitter rapide­ment les séances sans profiter pleinement des échanges an­nexes, sauf Joakim, dont le rôle de président l'obligeait à assister à certaines cérémonies. Parmi les films projetés, Hassan de Muhammad Al Sharif a parti­culièrement marqué Mine!. Le documentaire, qui a remporté le prix du jury jeune, retrace le quotidien d'un adolescent vi­vant à Gaza : « Hassan a à peu près notre âge, on s'identifie fa­cilement à lui. Suivre son quoti­dien permet de mettre un visage sur des chiffres que l'on entend à la télévision. » 
Joakim partage cet avis:« Nous avons rapidement compris que ce documentaire avait une lon­gueur d'avance sur les autres. La guerre à Gaza interpelle beaucoup les jeunes, tout comme celle en Ukraine, très présente sur les réseaux sociaux. » Il sou­ligne également son intérêt pour Khmerica de Thibaut Amri, sur le retour au Cambodge de res­sortissants confrontés à un pays qu'ils ne connaissent pas réelles ment. Valentine, elle aussi, a été profondément touchée par Has­san, mais aussi par Gaza to Os­car d'Aiaa Damo et The Fishers of Meinmahla, saluant la qualité narrative de .ces documentaires. Selma, quant à elle, a particu­lièrement apprécié Everest Dark de Jereme Watt : « Il retrace l'histoire d'un sherpa chargé de redescendre les corps d'alpi­nistes décédés, figés par le froid. L'Himalaya est pour eux une montagne sacrée, la montagne des dieux.» Ces nombreux vi­sionnages ont permis aux jeunes jurés de considérer le cinéma documentaire comme un véri­table outil d'information et de compréhension du monde, à une époque où les réseaux so­ciaux supplantent souvent la presse écrite et la télévision dans les habitudes des jeunes générations. Une chose est cer­taine : chacun, à sa manière, est ressorti profondément marqué par cette expérience. 
Mine! confie avoir changé son regard sur le cinéma, découvrant la puissance du vision­nage dans une salle pleine, qui confère au film une dimension unique. Joakim retient que le cinéma « permet de dénoncer et donc de résister. aux inégalités dans le monde » et se dit particuliè­rement touché par la rencontre avec une réalisatrice iranienne. Valentine affirme que cette ex­périence lui a permis de trans­former son regard sur le monde « et de relativiser les problèmes que nous pouvons rencontrer en France », tandis que Selma explique avoir appris à appré­cier le documentaire comme une source d'information à part entière et comme un regard pré­cieux porté sur le monde. Cette immersion au FICA a ainsi offert à ces quatre jeunes lycéens bien plus qu'un rôle de juré : elle leur a permis de dé­couvrir le cinéma comme une fenêtre sur la réalité, un outil de réflexion et un vecteur d'émo­tions et de questionnements. Les images, les récits et les té­moignages qu'ils ont décou­verts ont résonné bien au-delà des salles de projection, laissant une empreinte durable sur leur manière de percevoir le monde, de comprendre les autres et de s'interroger sur leur propre place dans la société. 

La Presse de Vesoul 12/02/26

Publié dans Actualités

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article