Simone Drouhin mise à l’honneur

Publié le par mairie d'Echenoz-la-Méline

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Décoration -

Simone Drouhin, une habitante d’Échenoz-la-Méline, a participé pendant la Seconde guerre mondiale à une filière d’évasion des prisonniers de guerre.

Hier, elle a été faite chevalier de la Légion d’Honneur

 

 

 À 94 ans, Simone Drouhin n’a rien oublié des tragiques circonstances qui lui ont valu de passer trois mois dans une prison tenue par les Allemands et qui l’ont privée de son père à jamais…

En 1942, alors âgée de 22 ans, la jeune femme travaille comme secrétaire à l’imprimerie Cival, à Vesoul, où son père, Louis Potier, était contremaître. Ensemble, ils imprimaient des faux papiers à destination des prisonniers de guerre évadés, et participaient à une filière d’évasion des prisonniers qui partait d’Épinal. Le but : rejoindre la zone libre en passant notamment par Remiremont, Vesoul et Poligny. Père et fille fournissaient tous les papiers nécessaires à ces différentes stations.

Louis Potier et sa fille ont, une première fois, eu de la chance : alors que la filière est démantelée sur l’ensemble de son long parcours, les Potier ne sont pas inquiétés, faute de preuve de la Gestapo. Mais loin d’en rester là, les nazis s’arrangent pour compromettre Louis Potier, en lui envoyant un agent en couverture. Cette dernière, lui demande des papiers pour des Juifs.

Louis Potier se laisse tromper et tombe entre les mains des nazis. Avec Simone, ils sont transférés dans une prison d’Épinal. Lui, après convocation d’un tribunal, sera condamné à la déportation, d’où il ne reviendra pas puisqu’il décède le 25 mars 1945. Faute de preuves, Simone est acquittée et échappe à la déportation, mais elle passera tout de même trois mois en prison.

Entourée de sa famille

Hier après-midi, en mairie d’Échenoz-la-Méline, le colonel André Marsot s’est chargé d’évoquer brièvement cette douloureuse tranche de vie, qui lui laissera de nombreuses et importantes séquelles physiques, psychologiques et morales. Il a également insisté sur le caractère exceptionnel de la remise de cette prestigieuse distinction. Très émue, Simone Drouhin n’a pu retenir ses larmes durant cette cérémonie, en présence de sa famille, de ses amis, de représentants du monde combattant et politique. « Je suis contente, ça me fait plaisir de partager cet instant en famille », a témoigné la nonagénaire, qui vit chez sa sœur Louise, à Échenoz-la-Méline, pour qui elle fût, par la force des choses, une deuxième maman.

« Cette cérémonie est simple et digne, à votre image, et toute la République à travers moi vous rend hommage, en réveillant des moments difficiles et des souvenirs pénibles », a terminé le député-maire Alain Chrétien avant de trinquer avec celle qui, grâce à son courage, a bien mérité d’accrocher à son gilet cette médaille.

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ER 18/01/2015

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