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Vide grenier 2012 des associations
Un petit monde grouillant à souhait, et pas toujours très rose : le week-end dernier, l'apiculteur Laurent Rivet, basé à Longevelle, levait le voile sur l'univers des abeilles.
Dix millions d'habitants. La population de la Hongrie ou d'une ville comme Moscou. Nous sommes à Longevelle, tout petit village du pays Gylois. Et tous ces autochtones, répartis dans de petits chalets de bois, sont des abeilles.
« Deux cents ruches, cinquante mille abeilles dans chaque ». Ça fait du monde. Au milieu, Laurent Rivet, apiculteur à Longevelle depuis 1984. L'homme se fait piquer en moyenne cent fois par jour : « Bon, je m'énerve un peu quand c'est sous les doigts ou au bout du nez... ».
Les bestioles, notamment « la noire », attaquent plus volontiers quand elles ont fait le plein de glucose.
Elles étaient nettement moins en forme « il y a deux ans, quand j'ai perdu 60 % de mon cheptel », se souvient l'apiculteur. En cause : insecticides, climat, pollution...
« Le phénomène de perte d'abeilles est mondial. Avant, une reine vivait six ou sept ans. Maintenant, elle meurt au bout de trois ans ». Sans compter d'autres menaces comme l'acarien Varroa, ou le frelon d'Asie, qui pourrait atterrir bientôt dans nos contrées. Et qui, parce qu'il a besoin de protéines, raffole des abeilles au dîner.
Leur environnement leur fait difficilement des concessions, mais les abeilles ne s'en font pas vraiment entre elles. Si la ruche compte deux reines, c'est un combat à mort qui les départagera.
Pillages inter-ruches
" C'est très violent », s'amuse Laurent Rivet. Quand aux mâles, ils deviennent facilement persona non grata. Si les abeilles sentent l'hiver arriver, elles ne les accueillent plus et les laissent mourir de faim."
Une fois qu'ils ont fécondé la reine, ils trépassent de toute façon. Pas très équitable quand l'on sait qu'un loir, s'il ne brusque pas les abeilles, peut tout à fait s'installer dans la ruche pour hiberner et se nourrir de miel.
Et puis, il y a la violence inter-ruches : « C'est la loi de la nature », explique l'apiculteur. « La ruche la plus forte va piller la ruche la plus faible » ...Mais que fait la police ?
Bien entendu, une solidarité exceptionnelle existe aussi au sein de la ruche, et pas seulement pour le miel ou l'élevage des larves.
Quand l'une d'elle trouve une nouvelle source de nectar ou de pollen, elle danse pour en avertir les autres. L'été, les abeilles ventilent en battant des ailes.
L'hiver, elles se serrent à tour de rôle pour maintenir le cœur de la ruche à 30ºC.
Et justement, « ici, on prépare déjà l'hiver », dit l'apiculteur.
Bientôt, il veillera à ce que ses ruches aient assez de réserves.
Chaque année, une ruche produit 10 à 42 kilos de miel.
Pour Laurent Rivet, 2009 est un bon cru.
En plein rush
Si ce n'est pas le cas, il leur rajoutera du glucose, en sachant qu'elles sortiront jusqu'à ce que le mercure tombe sous la barre des 12ºC. Ensuite, elles vivront au ralenti.
Quand ses abeilles passeront l'hiver, l'apiculteur, lui, sera en plein rush. Car il fait aussi dans la vente de sapins de Noël, qui lui rapporte deux tiers de ses revenus mais lui prend beaucoup moins de temps que ses bêtes à rayures. Un autre type de piquant...
Fête du miel à Echenoz-la-Méline, le dimanche 30 août.
Juliette MONTESSE Est républicain 13/08/09