Feu d'artifice...

Publié le par Echenoz la Méline

La nuit des artifices

Le feu d'artifice de Vesoul aura un budget de près de 13.000 €.
Photo Jean-Loup CORNET


Ils seront des dizaines, pour le 14-Juillet, à lancer leurs bombes vers les étoiles. Professionnels, amateurs ou passionnés se partageront le ciel.
« C'est un peu par hasard, parce que j'étais disponible. » Ils seront des dizaines comme Jean-Paul Bachelu, à allumer une mèche pour célébrer le 14-Juillet. « Attention, on n'a aucune intention de se mesurer à Vesoul et au lac », s'amuse cet adjoint au maire d'Échenoz-la-Méline. Pour 250 €, sa commune a fait l'acquisition d'une « mallette » toute prête, à laquelle il suffit de bouter le feu. « Ça n'a rien de très sorcier, c'est juste pour marquer le coup. C'est amusant : les gens disent ''C'est Jean-Paul qui l'a tiré ! '' mais ce n'est l'affaire que d'une allumette. Tout est déjà prêt.»
Artificiers du dimanche ou professionnels, de nombreuses communes sacrifieront à la tradition. Du grand show à 13.000 € du lac de Vaivre à quelques centaines d'euros tirées depuis un jardin, les ambitions ne sont pas les mêmes, mais les passionnés ne manquent pas.
« C'est quelque chose qui est vraiment passé dans les mœurs », constate Jean-Paul Bresson, de chez Plein air, à Vesoul. Il vend les feux au détail. « Avant les gens n'auraient jamais pensé à en acheter pour un mariage ou des anniversaires. Ça se fait de plus en plus et il y a des centaines de clients pour le 14-Juillet. » Une manne pour cette activité, au point qu'il a décidé de ne fermer ses portes ni le 13, ni le 14. « Il y a de tout : beaucoup d'enfants pour des pétards, mais aussi des particuliers, des petites communes. »
35 kilos de poudre

Le commerçant ne possède pas l'habilitation d'artificier, mais la législation permet tout de même à n'importe quel amateur d'envoyer pour 35 kilos de poudre dans les nuages, après une déclaration en mairie. « Les projectiles ne doivent pas non plus dépasser 100 mm », précise-t-il. Mais déjà, à ce calibre, ils peuvent monter à plus de 90 m de haut. « Si je passais l'habilitation pour vendre des feux de catégorie supérieure, il faudrait que je supervise leur lancement. Je n'ai pas le temps. »
Une tendance néanmoins : les représentations tirées par les employés municipaux sont aujourd'hui en voie de disparition. Pas d'à-peu-près : la mode est au grand spectacle.
De plus, échaudées par les accidents occasionnels, de moins en moins de mairies veulent prendre cette responsabilité. Ainsi Vesoul, Port-sur-Saône, mais aussi Noidans-lès-Vesoul ou Noroy-le-Bourg, par exemple, délèguent à des entreprises spécialisées, comme l'Alsacien « Artisans du spectacle » ou le Rhodanien « Pyragric ».
Patrick Gillot, employé de la Ville à Vesoul, possède la précieuse habilitation K4, qui l'autorise à manier et utiliser les plus gros projectiles. Aux commandes pour la Saint-Jean, ou pour l'embrasement de l'église à Noël, il devient l'assistant de Bernard Joly, de chez Pyragric, pour la Fête nationale.
Il n'en prend pas ombrage : « Il y a une très bonne entente entre ceux qui font ça à l'année et nous qui le faisons deux ou trois fois par an. On apprend beaucoup, on s'en inspire. » Et puis c'est affaire de passionnés : « Pour passer son habilitation, il n'y a pas de mystère, il faut aimer ça. » Un peu de fascination dans la voix : « Mon père était artificier, j'en tire depuis toujours. Pour moi, ce sera toujours un plaisir, pas un travail. »
14/07/08

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