Le Café Charlie continue de rassembler

Publié le par mairie d'Echenoz-la-Méline

Le Café Charlie continue de rassembler

Vesoul. L’idée est née le 9 janvier, juste après le dénouement des tragiques événements qui avaient, déjà, frappé Paris. En deux jours, la rédaction du journal satirique « Charlie Hebdo » avait été décimée, deux policiers tués, quatre autres personnes abattues dans une supérette cachère. Au milieu des 2 200 personnes réunies sur la place de la République, dans la ville préfecture de Haute-Saône, pour rendre hommage aux victimes, Philippe, un Vésulien, s’était interrogé : « On allume une bougie, et puis après ? ».

Après, c’est le lancement d’un « café Charlie » par un collectif de citoyens, le 18 janvier à Vesoul, avec l’objectif de « ne pas laisser l’élan de solidarité retomber comme un soufflé ». Se réunir pour réfléchir, élargir ses connaissances, partager idées et sentiments, débattre démocratiquement. La première édition a eu un premier invité de marque : François Morel. L’artiste, qui jouait « Bianco sù bianco » au théâtre Edwige-Feuillère est depuis le parrain d’un événement qui en est à une quinzaine de séances, dont l’avant-dernière, particulièrement douloureuse, le 13 novembre : « On a appris les attentats en direct. Ça secoue. Ça fait du bien d’être rassemblés, de se soutenir dans ces moments-là. »

Ce soir-là, à Vaivre, Michel Hug, secrétaire national du CNLAPS (Comité national des acteurs de la prévention spécialisée), traitait la thématique « Éduquer pour prévenir la tentation de la radicalisation ? Un exemple d’intervention éducative : la prévention spécialisée ».

« On aura du mal à faire un deuil si l’on ne comprend pas », reprend Philippe : « Il me manque de la connaissance. La géopolitique, la religion, le brassage des populations… tout est compliqué. Pour comprendre, il faut faire appel à des spécialistes, mettre en relation les’’sachants’’ et les’’apprenants’’ qui souhaitent débattre, chercher l’information, ne pas rester chez soi. »

Vendredi, jour de l’hommage national aux victimes des fusillades et des attaques-suicides revendiquées par l’organisation terroriste État Islamique, une nouvelle conférence s’est déroulée à Échenoz-la-Méline, suivie par une soixantaine de personnes. Après un long exposé proposé par Nabil, un autre « simple citoyen », sur le sacré et la pratique religieuse, le débat s’est engagé entre le second intervenant, Ali Sahab, président de l’association des musulmans du Territoire de Belfort, et le public.

« Il faut que des lieux d’échanges, de vivre ensemble se créent partout dans le pays », insiste Philippe, qui reprend une citation de Charb, rédacteur en chef de « Charlie Hebdo », assassiné le 7 janvier : « J’ai moins peur des extrémistes religieux que des laïques qui se taisent. » Au-delà des conférences, il souhaite « diversifier les méthodes » à travers la culture, la musique ou la gastronomie au sens large. Cet été, un « repas du monde » a ainsi été partagé après un concert de hip-hop.

Né pour comprendre, le « café Charlie » est désormais fait pour durer. « Il nous faudra du temps pour admettre », conclut le porte-parole du collectif.

Sylvain MICHEL

Est Républicain du 01/10/2015

Publié dans Archives

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